Une campagne franco-grecque pour imager à haute résolution la région sismique d’Amorgos et Santorin
Du 5 au 17 avril, une équipe de scientifiques français et grecs embarque à bord du N/O Europe pour imager à haute résolution le plancher océanique au large des îles de Santorin et d’Amorgos. Cette région, qui a connu une crise sismique fortement ressentie en début d’année 2025, avait aussi été l’épicentre du séisme de magnitude 7.6 de 1956 ayant généré un important tsunami en Méditerranée.
En avril, une équipe de scientifiques français de GéoAzur (CNRS / Université Côte d’Azur / Observatoire de la Côte d’Azur) et de l’Institut de physique du globe de Paris (Université Paris Cité, IPGP, CNRS) et grecs (National and Kapodistrian University of Athens) mèneront au large des îles de Santorin et d’Amorgos, une campagne en mer d’acquisition de données bathymétriques haute-résolution. Dans la lignée des campagnes AMORGOS-22 et AMORGOS-23, cette mission, à bord du navire océanographique Europe de la Flotte Océanographique Française, se focalisera sur la zone épicentrale du séisme d’Amorgos de 1956. Ce séisme de magnitude ~7.6 a généré à l’époque un tsunami dont les hauteurs de vagues ont pu dépasser 10 mètres localement.
Alors que la faille responsable de ce séisme a récemment été identifiée par l’équipe, grâce à des observations sous-marines géologiques, la ou les cause(s) des plus hautes vagues du tsunami reste(nt) à identifier (glissements sous-marins, déformation co-sismique). Cette troisième campagne en mer, programmée du 11 au 17 avril, vise d’une part à compléter l’imagerie haute-résolution de la faille d’Amorgos, mais également à acquérir des données bathymétriques côtières, indispensables pour réaliser la modélisation du tsunami de 1956, et contraindre la contribution de ses sources. Ceci s’inscrit dans le cadre de l’ANR AMORGOS dont le but est de mieux caractériser les aléas sismiques et tsunamis de cet archipel.
Pendant la phase de préparation de cette mission, en janvier-février 2025, une crise sismique a eu lieu dans la même zone, au large de Santorin et d’Amorgos. Si son origine est probablement liée à une intrusion de magma dont l’origine reste à déterminer, la sismicité soutenue se localise à l’extrémité de la faille d’Amorgos et semble avoir fait rejouer le système de failles qui avait été imagé en 2022. Grâce à une réponse rapide de la Flotte Océanographique Française et de son armateur Genavir, et au soutien de l’INSU (CNRS), de l’Idex d’Université Côte d’Azur, de l’Observatoire de la Côte d’Azur, de l’Institut de physique du globe de Paris, et de Géoazur, le navire Europe a pu être mobilisé une semaine supplémentaire. En route pour la Grèce, il explorera donc la zone de la crise sismique du 5 au 9 avril. Son sondeur multifaisceaux, et celui de l’AUV AsterX, imageront de nouveau le fond de la mer et les failles de la zone, à la recherche de changements sur le fond de la mer par rapport aux données précédemment acquises. Ces sondeurs pourront également imager d’éventuelles sorties de fluides, a priori absentes en 2022. Ces observations, qui apporteront aux scientifiques de la mission des informations cruciales sur l’histoire et l’évolution géologiques de la région, seront également transmises aux autorités grecques de façon à aider la gestion (post-)crise et à apporter un éclairage nouveau sur le phénomène qui a secoué l’archipel.

Laboratoires CNRS impliqués :
- Laboratoire Géoazur (GEOAZUR - OCA)
Tutelles : CNRS / IRD / OCA / UCA - Institut de physique du globe de Paris (IPGP)
Tutelles : CNRS / IPGP/ Université Paris Cité