Nouvelles perspectives pour retrouver la trace des séismes tsunamigènes
Reconstruire l’histoire des séismes tsunamigènes passés dans une région donnée est primordial pour mieux caractériser les aléas sismiques et tsunamis. En mer, il est cependant difficile de retrouver les traces de ces séismes ayant provoqué la rupture de failles sous-marines, car les méthodes actuelles, fondées sur l'étude des sédiments déplacés et l'imagerie sismique, ne sont pas toujours applicables. Mais l’imagerie optique des plans de faille sous-marin ouvre de nouvelles perspectives. La découverte de marqueurs morphologiques sur les plans d’une faille normale sous-marine ayant généré le séisme et le tsunami des Saintes le 21 novembre 2004 (magnitude 6.3, Guadeloupe) a permis de retrouver la trace de deux paléo-séismes ayant rompu cette faille, et d’estimer que moins de 2800 ans séparent le séisme de 2004 de son prédécesseur.
Une équipe internationale comprenant notamment des chercheurs de CNRS Terre & Univers (voir encadré) a exploité les données optiques acquises le long de la faille de Roseau, par le sous-marin Victor 6000, lors de la campagne en mer SUBSAINTES (Escartin, Feuillet, Le Friant, 2017) organisée par la Flotte océanographique française (FOF), ainsi que les carottes sédimentaires que ce sous-marin avait échantillonné au pied de la faille. Ces données avaient permis à l’équipe de cartographier la rupture sous-marine le long de la faille
Cette étude ouvre de nouvelles perspectives puisqu’elle démontre que la trace de séismes anciens peut être préservée sur les plans de faille sous-marins pendant au moins plusieurs centaines d’années. Cette approche est complémentaire des méthodes existantes (basées sur la reconnaissance de sédiments déplacés dans les carottes sédimentaires, ou basées sur l’imagerie sismique) qui avaient échoués dans l’archipel des Saintes. Elle met néanmoins en évidence le besoin de développer de nouvelles méthodes d’échantillonnage et de datation, afin de pouvoir dater ces paléo-séismes.
Légende
Ce modèle 3D montre que le fond marin a laissé des traces sur le miroir de la faille de Roseau : variation de la rugosité, érosion localisée (notch, abrasion band), dépôt d’une bande sombre. Ces marqueurs permettent de reconstruire l’histoire d’exhumation de la faille, et ses séismes (#1, #2, #3).
Laboratoires CNRS associés
- Laboratoire Géoazur (Géoazur-OCA)
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Tutelles : CNRS / Sorbonne Université - Institut de physique du globe de Paris (IPGP)
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Pour en savoir plus
Leclerc, F., Billant, J., Seibert, C., Escartin, J., Feuillet, N., Hughes, A., et al. (2026). Reconstructing the exhumation and paleo‐earthquake history of a submarine normal fault from preserved markers at the seafloor (Roseau Fault, Lesser Antilles, France). Geochemistry, Geophysics, Geosystems, 27, e2026GC012905. https://doi.org/10.1029/2026GC012905